Vase à pied

Vase à pied

Un grand nombre de types de récipients à pied ont été exécutés en marbre dans la première partie du Cycladique ancien II, y compris des jarres à col, des pyxides sphériques et des vases massifs en forme de lampe. De plus, il existe quelques exemplaires assez rares de coupes ou de vases doubles ainsi qu’une pièce composée de quatre vases, et une unique saucière, bien conservée. Seuls deux types de récipients à pied ont été fabriqués en grand nombre : le vase simple et la coupe.

Le pied en marbre, que l’on rencontre d’abord au Cycladique ancien I, était passé de la forme de cône à celle d’un calice, ayant dû cette transformation provisoire aux derniers sculpteurs de kandiles. Puis les récipients à pied en marbre semblent avoir complètement disparu jusqu’au début du Cycladique ancien II, vers 2700 avant J.-C. Si le pied avait été maintenu dans les poteries d’argile, c’est probablement parce que le geste du potier était plus aisé que celui du marbrier : il est beaucoup plus commode de fabriquer un pied à part, puis de le joindre à la panse d’un vase, que de le dégager du marbre en une seule pièce, avec le reste du récipient.

La coupe à pied est parfois dotée d’un seul tenon horizontal massif, ayant la forme d’un grand rebord. Le présent modèle fait partie d’une trentaine d’exemplaires bien conservés. Il en a été fabriqué beaucoup plus, si l’on en juge par les fragments de vase et les pieds isolés découverts par les archéologues à Keros (mais encore inédits). Très peu d’exemplaires connus portent des traces de peinture à l’intérieur, ce qui laisse penser qu’en général ces récipients polyvalents étaient destinés à contenir de l’eau ou de la nourriture.

Si la forme du pied en calice était manifestement de rigueur, la hauteur de la tige pouvait varier. Les contours de tout ou partie de la tige et la base elle-même formaient une courbe continue. C’est de par son pied au profil anguleux que l’exemplaire Barbier-Mueller diffère des autres modèles de ce type.

Avec ses 8 centimètres de haut, la présente coupe fait également partie des plus grands exemplaires conservés. La hauteur des coupes avec tenon varie de 2,4 centimètres (on peut parler de véritables miniatures) à 10,6 centimètres, et sans tenon, de 4 centimètres à 8,5 centimètres. Le diamètre de la coupe peut mesurer jusqu’à 13,7 centimètres [1].

Publ. : Zimmermann 1993, n° 11.

[1] Au sujet des vases à pied, cf. Getz-Gentle 1996, p. 160-162.