Tête de figure de type Plastiras

Tête de figure de type Plastiras, attribuée au Maître du musée d’Athènes

Cette tête est la sculpture la plus monumentale du type Plastiras que l’on connaisse. Par rapport au Maître du musée Canellopoulos et au Maître du Metropolitan Museum, le Maître du musée d’Athènes travaille davantage en rondeur, et son style est plus discret. Ici, on est immédiatement frappé par l’intensité du regard de l’œil où est encore enchâssé un galet, et par l’implacable sévérité de la bouche aux lèvres serrées, mais aussi par la forme plus naturelle de la tête, avec son front élevé, son nez large, son menton prononcé et ses oreilles réduites.

Néanmoins, ce naturalisme plus marqué se voit, une fois encore, associé à des proportions étranges. La pièce éponyme de ce sculpteur – une figure masculine – montre à quoi ressemblait la présente statuette à l’origine. La figure masculine et une statuette féminine brisée aux cuisses ont des têtes et des expressions faciales – une incrustation oculaire a subsisté dans chacun des cas – très similaires à celle de l’exemplaire Barbier-Mueller, ne permettant pas de déterminer si cette dernière était une idole masculine ou féminine. Les figures masculines du type Plastiras ne sont pas nécessairement plus grandes que les féminines.

La quatrième pièce attribuée au sculpteur est un fragment d’idole féminine, comprenant la partie inférieure du torse et le haut des cuisses, avec des sillons abdominaux parallèles (et un orifice de réparation dans chacune des jambes). Comme le Maître Doumas (et, quelque cinq siècles plus tard, celui de Dresde), le Maître du musée d’Athènes a sculpté aussi bien des figures masculines que féminines, et ces dernières ont pu être représentées avec ou sans plis abdominaux. Par ailleurs, il n’a pas craint d’utiliser l’instrument de perforation.

De même que le Maître du Metropolitan Museum, il s’en est servi pour creuser les orbites et les orifices de réparation, mais également pour ciseler les oreilles, marquer la jointure des clavicules et perforer la courbe intérieure des coudes, créant par là même un espace entre les bras et le corps. À l’inverse, le Maître Doumas n’a manifestement utilisé l’alène que pour marquer le nombril et effectuer des réparations occasionnelles.

Comme il a été dit, la pièce éponyme d’Athènes et le fragment de statuette féminine d’Oxford, acquis respectivement en 1906 et 1893, ont été trouvés à Amorgos. La présente tête et la mieux conservée des deux idoles féminines sont d’origine inconnue. Acquises chez le même antiquaire, respectivement en 1973 et 1968, il est au moins possible qu’elles aient été découvertes dans le même cimetière, voire dans la même tombe [1].

Publ. : Zimmermann 1993, pl. 12.

[1] Au sujet du Maître du musée d’Athènes, cf. Getz-Preziosi 1987, p. 78-82 ; liste de contrôle 156, pl. 18-20.