Figure de type Plastiras

Figure de type Plastiras, attribuée au Maître du musée Canellopoulos

Cet exemplaire illustre parfaitement la transition entre l’étrange idole archaïque de type Plastiras et la figurine classique allongée, à la silhouette longiligne et aux bras repliés. De proportions plus modestes, les bras ramenés sous la poitrine et les jambes ne se séparant qu’à partir des genoux, la statuette regarde droit devant elle. Cependant, si le souci du détail sculpté renvoie à ses racines, la pièce suggère un intérêt nouveau pour un réalisme sobre, notamment dans la moitié inférieure du corps, ainsi que dans la forme du crâne et du visage.

Cette période transitoire, dite précanonique, a donné lieu à toutes sortes d’expérimentations. Aucun sculpteur ne le prouve aussi bien que le Maître de Canellopoulos. Son nom lui vient du musée d’Athènes qui abrite l’une des deux autres figurines présumées de sa main.

Chacune de ces trois pièces est manifestement l’œuvre du même auteur, et, pourtant, elles témoignent de différences patentes, qui dénotent une certaine insatisfaction par rapport à l’ancien modèle et le désir d’en créer un nouveau, plus robuste et plus facile à exécuter. La plus petite reprend l’ancienne attitude des bras en opposition, du type Plastiras.

À l’inverse, la pièce éponyme du sculpteur, et la plus grande avec ses 18 centimètres, a des épaules proportionnellement plus étroites que l’idole Barbier-Mueller, et les bras interprétés sur le mode réaliste – de même que les mains dotées de doigts – sont repliés sur la poitrine, le droit se trouvant placé au-dessous du gauche, disposition qui allait bientôt devenir de rigueur. La figurine Barbier-Mueller est presque identique à la pièce éponyme – et même, à bien des égards, à la petite statuette –, mais ses épaules plus larges, ses seins rapprochés et ses bras courts schématiques, le gauche étant placé au-dessus du droit, semblent constituer un premier pas vers le développement d’une nouvelle solution, qui allait s’avérer parfaite pour répondre au problème du sculpteur concernant la représentation brachiale. Même si les jambes étaient séparées à partir des genoux, la figurine n’en était guère moins fragile, comme en témoigne l’exemplaire Barbier-Mueller, dont la cuisse gauche brisée au niveau de l’articulation a fait jadis l’objet d’une nouvelle fixation.

Après le Cycladique ancien I, on effectuait encore des réparations, mais beaucoup moins fréquemment. Les sculpteurs de figurines précanoniques tentaient parfois des réparations internes (masquées) à l’aide d’une drille, capable de creuser des petits trous cylindriques destinés à accueillir des goujons en bois.

À l’heure actuelle, la réparation sur la statuette Barbier-Mueller est la seule variante de l’ancienne méthode constatée sur d’autres idoles du type Plastiras. Les trois canaux étroits réalisés sous la perforation de la cuisse ont servi à faire passer un fil métallique – un cordon ou une lanière de cuir n’étant peut-être pas assez fins – pour fixer les deux parties ensemble [1].

[1] Au sujet de la figurine précanonique, cf. Getz-Gentle 2001, p. 16-28, notamment 22-23, pl. 15 (Maître du musée Canellopoulos).