Double bol à col et à pied de type kandila

Double bol à col et à pied de type kandila, attribué au Sculpteur B de kandiles

Des variantes du type kandila basique sont extrêmement rares. À l’exception de ce double vase et d’un exemple unique doté d’une ornementation linéaire incisée couvrant tout l’extérieur, les apparentes déviations de la norme – jarres sans pied, jarres possédant seulement deux orillons – peuvent être le résultat d’un remaniement effectué à la suite d’une détérioration.

Les jarres jointes font partie d’un sous-groupe de la version standard simple. Hormis cet l’exemplaire, qui est le plus petit, j’en connais quatre autres : l’une appartenant à la Fondation Abegg près de Berne, attribuable à une phase immature du Sculpteur A de kandiles, et la plus grande du groupe, deux autres se trouvant respectivement dans les musées archéologiques de Chania, en Crète, et de Naxos, et une autre à Izmir (depuis la fin du XIXe siècle, au moins). Ces trois derniers exemplaires, de même que la pièce Barbier-Mueller, semblent être des œuvres assez anciennes du Sculpteur B de kandiles.

Hormis le style, le seul élément majeur qui différencie la pièce Barbier-Mueller des autres modèles doubles attribuables au Sculpteur B est la présence de deux orillons, alors que l’exemplaire attribué au Sculpteur A en atteste quatre – le nombre habituel – disposés par paires, contrairement à l’intervalle égal (ou à peu près égal) qui sépare les orillons de la kandila simple.

Le fait – jusqu’à présent – que les kandiles doubles connues soient exclusivement de la main des Sculpteurs A et B, et qu’elles aient manifestement été des œuvres de jeunesse, me laisse penser que ces deux sculpteurs dynamiques étaient en concurrence, auquel cas ils ont pu se stimuler l’un l’autre pour réaliser en marbre une forme qui avait d’abord été fabriquée en argile.

Les Cycladiens du Bronze ancien semblent avoir marqué quelque prédilection pour les récipients multiples. Il est possible que certains rituels les aient exigés. On peut aisément imaginer que potiers et sculpteurs aient aimé relever le défi que représentaient de telles compositions. De tous ces récipients multiples, les vases doubles étaient les plus courants, qu’ils soient en argile ou en pierre.

Au Cycladique ancien I, parallèlement aux doubles kandiles en marbre, il existe également deux pièces – dont seule une est bien conservée – en forme de mouton, avec une paire de vases creusés dans leur corps. La queue du mouton en forme d’orillon ainsi qu’une perforation au travers du cou permettaient la suspension du récipient [1].

Publ. : Zimmermann 1993, p. 55 et 136 (n°7) (bords de la lèvre restaurés depuis lors).

[1] Au sujet des jarres doubles, cf. Getz-Gentle 1996, p. 11-12 et pl. 5 ; p. 22-23 et fig. 15 (double kandila en argile) ; pl. 78 (vase en forme de mouton).