Récipient globulaire

Récipient globulaire

Cette jarre pansue à large ouverture est exemplaire de la tradition céramique majeure du pays Dogon. Très typée, cette production est caractéristique des potières épouses de cultivateurs, installées sur le plateau de Bandiagara et dans les villages de la falaise. D’une grande sobriété, ce récipient n’a subi aucun traitement décoratif avant ou après la cuisson, si ce n’est l’adjonction de quatre petits cordons d’argile striés placés à intervalle régulier sous l’encolure. Le motif imprimé couvrant la totalité de la surface est directement lié à la technique de façonnage, le pilonnage sur forme concave, typique de cette tradition céramique ancienne, pratiquée jadis par les Tellem (Bedaux et Raimbault 1993, p. 284-285). La pâte argileuse destinée au pilonnage doit être très sèche et contenir un dégraissant fin mais abondant. Une dépression creusée dans le sol ou sur une meule de pierre est recouverte d’une natte grossière, spécifiquement tressée à l’usage des potières, sur laquelle la motte d’argile est martelée avec un percuteur de pierre afin de monter le fond puis la panse du vase. Le façonnage du col éversé nécessite le choix d’une argile très plastique, idéale pour le montage au colombin. Les potières dogon déclinent en plusieurs formats ce modèle de récipients, dévolus à une fonction spécifique. Les plus petits servent à transporter l’eau ou la bière de mil, les plus grands, tels que celui-ci, sont dédiés au stockage mais aussi au brassage et au filtrage de la bière de mil (les marmites importées sont désormais préférées aux poteries pour la cuisson de ce breuvage).