Tabouret rectangulaire

Tabouret rectangulaire

Ce tabouret présente quatre montants bulbeux, surmontés d’une assise en plateau rectangulaire incurvé, et reposant sur un piètement parallèle à l’assise. L’objet, entièrement monoxyle, frappe par son aspect massif, adouci par des lignes courbes lui conférant une incontestable élégance. La forme des montants rappelle les figurations de crocs de panthère, convexes, souvent creusées de stries verticales, encadrant la bouche ouverte, menaçante, des grands masques we. Les hachures linéaires, incisées, ornant les angles arrondis de l’assise renvoient aux scarifications que s’imposaient autrefois les femmes we, soucieuses de leur beauté.

Quelle que soit l’utilisation plus ou moins rituelle prêtée à ce siège, il aurait servi à l’exciseuse pratiquant l’opération, dans le camp d’initiation féminine (Harter 1994 vol. 2 : 84), le caractère monoxyle de sa facture pourrait dénoter
une forme probablement antérieure à celle des habituelles petites chaises. Ce siège peut représenter une forme élaborée des petits tabourets faits d’un seul bloc de bois, qui devaient servir autrefois de sièges dans la vie courante. Son rôle cultuel pourrait le rapprocher, par sa signification symbolique, et par sa facture monoxyle, des sièges akan, également monoxyles, utilisés par les peuples les plus orientaux de Côte d’Ivoire, représentant la puissance des ancêtres censés s’y reposer ; mais son caractère massif l’éloigne de la légèreté de l’objet akan, que lui confèrent de savants évidements.