Siège en forme de bobine

Siège en forme de bobine

Siège monoxyle formé d’un étroit cylindre central sculpté de divers motifs annelés, s’élargissant en son milieu, marqué par une nervure, et s’évasant à chaque extrémité en hémisphères à section légèrement incurvée en ce qui concerne l’hémisphère supérieur. Bois à patine foncée, sauf à la base de l’hémisphère inférieur.

De tels sièges, attribués soit aux Dan de Côte d’Ivoire, soit aux Mano, selon le lieu de collecte, se trouvent dans différentes collections privées ou publiques. Trois exemples conservés au musée de l’Homme, ont été collectés en 1936 par la mission Labouret. La fiche établie à cette date pour chacun des trois sièges porte la même mention : « Siège bô y kbolo, utilisé par les jeunes circoncis, qui peuvent s’en servir comme oreiller (nous dirions à présent « appuie-tête »). Cercle de Man, subdivision de Danané, canton Wâ, village de Flampleu. » Bien qu’ils soient de facture plus fruste que ce siège, les uns et les autres présentent la même structure : même cylindre sculpté de motifs annelés, légèrement renflé en son centre, entre deux demi-cônes identiques. Une cordelette de fibres tressées s’enroule autour du cylindre de deux d’entre eux. Tous trois sont monoxyles, à patine foncée. L’un mesure 35 cm de hauteur, les deux autres 24 cm.

Flampleu (en canton Ouan/ou Wâ), village dan de Côte d’Ivoire, a été remarqué par l’anthropologue P. J. L. Vandenhoute (1948 : 28) pour la qualité et l’originalité de l’art de ses sculpteurs de masques. C’est pourquoi il est possible, en raison de ses qualités plastiques, que le siège de la collection Barbier-Mueller provienne de cette région.

Dans la littérature anthropologique, George Schwab (1947 : pl. 73, fig. b) mentionne un tabouret de cette facture, formé d’un cylindre court et large, orné de nervures, entre deux hémisphères assez plats, à section supérieure légèrement incurvée, qu’il attribue aux Mano, peuple apparenté aux Dan, vivant dans la région frontalière libéro-guinéenne.

Marc Ginzberg (2000 : 124) commentant un siège constitué d’un cylindre plus court que les deux cônes qui le terminent, écrit : « Les Dan font fréquemment usage de la forme conique, le cône inférieur représentant ici la terre, et le supérieur les cieux, ou le paradis. Lorsqu’un garçon revenait de la montagne après son initiation, il s’asseyait traditionnellement sur ce siège. »