Chaise de dignitaire

Chaise de dignitaire

Avec l’arrivée au Ghana des Portugais au XVIIe siècle, celle des Hollandais au XVIIIe et la prise de pouvoir en 1871-1872 par les Britanniques des possessions hollandaises le long de la côte ainsi que de la ville asante de Kumasi, située dans la région centrale, les puissances locales se développèrent. Les Britanniques commencèrent à offrir des chaises victoriennes en récompense aux chefs asante qui leur rendaient service. Selon le commentaire de conservateurs du Ghana National Museum à Accra, les sculpteurs locaux avaient facilement accès aux chaises européennes, fabriquées selon la méthode d’assemblage, ce qui accéléra la construction de chaises de dignitaires à dossier droit, comme les asipim et les akonkromfi. Leur utilisation était au départ réservée aux dignitaires. Mais aujourd’hui elles sont vendues sur les marchés et chaque famille peut en posséder plusieurs.

Le hwedom traditionnel, comme la chaise reproduite ci-contre, apparaît plus
rarement dans les collections publiques. À en juger par les archives photographiques, ces chaises étaient réservées pour des fonctions étatiques officielles, et utilisées seulement par des personnages de haut rang. Doran Ross note que le Siège d’Or et le siège d’argent étaient placés sur le côté, sur les chaises hwedom. Le Siège d’Or est le siège officiel asante le plus important de tous et il est très rarement exposé ; le tabouret d’argent est le deuxième en ordre d’importance et il est assigné au Mamponghéné, grand chef du district Mampong et chef du conseil des hommes asante.

Le terme hwedom est différemment traduit par « regardant l’ennemi », « chaise de guerre » ou « repousse l’ennemi ». Leurs ancêtres peuvent avoir été des chaises cloutées, ou des chaises à vertugadin anglaises. Le hwedom ressemble aussi au fauteuil d’apparat du dernier gouverneur général hollandais, le colonel Natglas, qui administra la région côtière jusqu’en 1871 depuis le château d’Elmina. Ce siège est constitué d’un dossier droit avec
un plateau, de pieds et de traverses aux motifs sculptés torsadés ou tournés. À l’instar des asipim et des akronkromfi, les hwedom font face au mur lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

Dans la collection du Ghana National Museum à Accra figurent un ensemble de chaises officielles, signes de l’autorité d’anciens gouverneurs généraux britanniques et hollandais, ainsi que celle du gouverneur général allemand du Togo. Plutôt considérées comme des trônes, ces chaises sculptées avec soin, au siège parfois matelassé, sont conservées et sont aujourd’hui considérées comme des trésors nationaux. Elles témoignent de la pérennité de l’importance que les Ghanéens accordent aux chaises dans leur histoire.