Tête stylisée en pierre

Tête stylisée en pierre

La représentation monolithique d’une grande pureté stylistique va ici à l’essentiel : un visage triangulaire
avec un nez médian qui dépasse le menton. Deux petits yeux latéraux demi-sphériques en relief
complètent ce portrait qui semble « de l’intérieur ». Le cou en tronc de cône repose sur un cylindre taillé dans la même pierre. On peut également y voir
un oiseau stylisé où le nez du personnage devient le
bec et le collier des ailes. Il semble que cet objet
puisse appartenir à la superstructure d’une sépulture
qui, du point de vue stylistique (visage triangulaire),
s’apparenterait plus au site de Karey Gorou, plus
proche de Niamey, qu’à celui de Bura-Asinda-Sikka,
site éponyme de la culture de Bura.

La datation de la taille de la pierre est impossible à
réaliser par des méthodes physiques, malgré la
profonde altération du matériau. Cependant, on
peut envisager pour cet objet une période chronologique
comprise entre le Ve et le XIIe siècle à partir
des âges C14 obtenus sur les charbons de bois provenant
des couches archéologiques de Karey Gorou.

Le site archéologique de Bura-Asinda-Sikka se trouve
dans la moyenne vallée du fleuve Niger, au moment
où il commence à traverser la République du Niger.
Il s’agit d’une vaste nécropole découverte en 1975
et fouillée en 1983 par l’équipe d’un archéologue
nigérien, le professeur Boubé Gado. Cet art, connu
du public depuis l’exposition parisienne de 1993,
« Vallées du Niger », est essentiellement funéraire. Il
s’exprime à partir de tombes complexes qui s’étagent
sur trois niveaux. À l’intérieur de celles-ci se
trouve une sculpture sommitale anthropomorphe
ou zoomorphe en terre cuite qui surmonte un vase
réceptacle de quelques ossements humains (crâne
ou membres). Cela correspond sans doute à l’inhumation
d’un « accompagnateur dans l’au-delà »,
serviteur ou compagne sacrifié au moment des
funérailles. Puis apparaît plus bas la fosse proprement
dite, où repose le squelette allongé sur le dos,
la tête au nord sur un appuie-nuque en terre, portant
encore des objets de parure (perles en quartzite,
anneaux nasaux), parfois associés à des armes
en métal cuivreux ou en fer.