Masque-heaume

Masque-heaume

C’est à la faveur d’une histoire complexe que de nombreuses populations aux traditions diverses ont été assimilées au noyau ancien igbo. Ces origines multiples se traduisent dans une production artistique régionalisée et pléthorique, mais d’une remarquable inventivité artistique.

Ainsi, les fêtes masquées qui ont lieu au cours de la saison sèche offrent l’occasion à des milliers de masques de sortir d’un bout à l’autre de la région. Le masque-heaume présenté ici intervenait dans le cadre de la danse okperegede, en particulier chez les Izzi, sous-groupe du nord-est du pays igbo. Plusieurs personnages masqués dansaient autour d’un tambour zoomorphe. Ce masque figure Eze Nwanyi, c’est-à-dire la « reine des femmes », et évoque l’aspect féminin et maternel de cette danse. Eze Nwanyi est aussi l’épouse de Asufu, le héros de l’okperegede.

Le heaume se compose d’une tête qui forme le masque proprement dit et d’un enfant accroché aux éléments de coiffure à l’arrière du crâne. Le traitement du visage est fidèle aux canons de la beauté féminine des Igbo. Le teint blanchi au kaolin, le nez mince et droit, les cheveux partiellement remontés en chignon et maintenus par un peigne participent de ce souci de beauté et d’élégance. Les scarifications, l’arête du nez, les sourcils et les cheveux teints en noir contrastent avec vigueur sur le visage blanc, alors que les lignes tranchantes de la bouche, du nez et de la scarification frontale sont atténuées par les élégantes courbes du front et des cheveux. Ce masque témoigne ainsi de l’habileté des sculpteurs igbo, qui s’adonnent avec une certaine aisance aux oppositions chromatiques et graphiques.