Grâce aux recherches de F. Neyt, K. Nicklin et J. Salmons, ce type de masque est désormais clairement attribué aux Eket, voisins méridionaux des Ibibio. Ils étaient probablement utilisés dans le cadre de la société ekong et intervenaient pour les divertissements ou lors des funérailles d’un membre de la société.
Le masque adopte une forme parfaitement ronde, très peu fréquente au sein des arts de l’Afrique subsaharienne. Le visage, de petite dimension, lui-même circulaire, s’inscrit au milieu d’un large cercle. Le front ample et bombé occupe la moitié du visage. Dans la partie inférieure, les yeux en croissant de lune procurent une expression intériorisée et sereine. Le nez, très élargi au niveau des narines et retroussé en trompette, est caractéristique du style eket. La bouche, placée au-dessus d’un petit menton fuyant, est évoquée par une simple incision qui suit la ligne délicate du visage. La composition d’ensemble s’appuie sur un jeu de rimes formelles basées sur les demi-cercles. L’omniprésence des cercles et des croissants de même que la frise rayonnante périphérique peuvent d’ailleurs accréditer l’hypothèse, émise par plusieurs auteurs, d’une référence à la lune, déesse créatrice propre à cette culture.